Slider

Top des meilleurs albums de 2020

KhruangbinMordechai

En à peine cinq ans et trois véritables albums, ce trio texan s’est créé un public, s’est fait une place dans le paysage musical avec un son follement caractéristique. Et pourtant tout a l’air si sobre. Une petite basse qui glisse en douceur, quelques accords de guitare légers, une batterie sèche, et voilà une identité qui en elle porte un paradoxe presque magique : comment des éléments si simples peuvent-ils créer une atmosphère si profonde ? Et sans artefact, le troisième album de Khruangbin est un rayon de soleil qui plonge dans une boisson fraîche.

A lire aussi: Khruangbin, l’OVNI musical qui mondialise la funk

Action BronsonOnly For Dolphins

Action Bronson est une légende du Queens. Un personnage atypique du rap US respecté pour sa plume et ses multiples talents. Sa singularité fait l’unanimité auprès du public et des médias du monde entier.
En 2018 déjà – sur son album “White Bronco” – il l’avait rappé : “Mon prochain album ‘Only For Dolphins’ “ et le MC n’est rien sinon fidèle à sa parole. On y retrouve des producteurs et des rappeurs avec qui il travaille depuis des années. The Alchemist, Harry Fraud, Budgie, DJ Muggs, Samiyam et Daringer offrent des paysages sonores psychédéliques pour les contes uniques de Bronson.

A lire aussi: Action Bronson, de la bouffe aux bons beats

Hania RaniHome

Hania Rani a fait ses preuves avec son premier disque “Esja” l’année passée. Suite à cela, l’auteure-compositrice-interprète et pianiste polonaise avait pris ses marques avec son univers musical singulier et touchant et ce n’est pas pour rien qu’elle récidive avec son successeur qu’est “Home”. On relève toute la complexité de cet album qui trace la frontière entre ambient et musique néo-classique.
Hania n’hésite pas à peaufiner certains détails nous donnant l’impression de visiter son foyer où l’on entend des cris de mouette ou une pendule qui se balance. Entre Olafur Arnalds et Nils Frahm en passant par Portico Quartet, l’émotion est toujours vive tandis que l’on cherche à se sentir à l’aise chez soi. Une fois de plus, elle nous enivre avec son piano spectral et sa voix à fleur de peau.

A lire aussi: Hania Rani, pianiste hors pair et grand espoir du néo-classique

Mac MillerCircles

Le 7 septembre 2018 disparaissait Malcolm McCormick, que nous connaissions et adorions sous le pseudo de Mac Miller. La tristesse de perdre cet artiste attachant et talentueux s’est accompagnée de la douleur d’assumer que “Swimming” serait son ultime oeuvre, alors dans l’ignorance totale qu’il enregistrait en parallèle un album complémentaire à celui-ci : “Circles”.
Dans “Swimming”, on effectuait un pas de plus dans l’évolution musicale d’un artiste en perpétuel renouvellement. Dans un album qui s’éloignait déjà un peu du rap, il nous contait son état d’esprit malade, dépourvu d’énergie, où le mal semblait bien trop profond pour être guéri.
L’album “Circles” fut possible grâce au travail de Jon Brion, producteur avec qui Mac travaillait les dernières semaines de sa vie. Et même si l’album se dit ‘posthume’, une nuance importante est à apporter: la réalisation de ce projet s’est faite dans la très grande majorité de son vivant, Jon Brion n’ayant qu’à polir certains morceaux encore trop bruts. Cette information capitale a éteint l’angoisse de se retrouver avec un album décousu, composé de titres rapiécés sans logique ni cohérence.

L’objectif de cet album était d’intimiser encore un peu plus l’univers de Mac, le rapprocher de ses auditeurs et de leur offrir l’oeuvre la plus personnelle de sa discographie. Le single “Good News” et son clip confirmeront ces hypothèses. La dernière valse avec Mac commence par ce moment de tendresse et de douceur musicale, aux lyrics rêveurs de liberté. Composé et produit par Mac lui-même, ce morceau donne le la de l’univers dans lequel le regretté artiste de Pittsburgh évoluera. Une production épurée, légère, et entièrement instrumentale qui accompagnera le chant libérateur d’un jeune homme guéri. Et ce, sur tout l’album.

Mac devient alors un crooner délicat et captivant. Le rap lui a permis d’évoluer vers un style hybride lui correspondant à 100% et lui permettant de s’exprimer clairement. Il a trouvé sa voix, et l’exploite sur des productions aussi douces et chaleureuses que tristes et sombres. Il se montre économe en syllabes et en décibels, riche en émotions. “Circles” est un album sans thème véritable, où la vie et la mort se confondent, animées par peu de mots, laissant ainsi une large possibilité d’interprétation pour l’auditeur.

A lire aussi: Mac Miller, ce génie du rap parti bien trop tôt

Tame ImpalaThe Slow Rush

Tame Impala est le projet musical de cet Australien qu’est Kevin Parker. L’homme écrit toutes les chansons, joue la plupart des instruments, se produit lui-même et s’entoure, pour des concerts toujours spectaculaires, d’une bande de chouettes musiciens. Tame Impala à cette particularité de nous offrir un son venu d’ailleurs et c’est un aspect enivrant. Kevin est clairement loin d’être au bout de son expérimentation, mais il est tout aussi impressionnant de constater à quel point chaque innovation sonore devient immédiatement reconnaissable comme du Tame Impala. Les douze plages de “The Slow Rush” ont été écrites pour une part à Los Angeles et pour l’autre au studio personnel de Parker dans sa ville natale de Fremantle, en Australie. Non que cela importe, car on dirait que les chansons proviennent de quelque part d’autre dans le système solaire ou plus loin encore.
“The Slow Rush” peut être traduit par ‘la lente précipitation’. Cela sonne contradictoire, mais le titre du nouvel album de Tame Impala n’aurait pas pu être mieux choisi. Musicalement, il convient parfaitement à cette combinaison unique de mélodies faussement lentes et de rythmes irrésistibles. En même temps, ‘The Slow Rush’ y accouple avec une précision chirurgicale des textes presque tous conçus autour du thème du temps… et à quel point il nous passe trop souvent sous le nez.

A lire aussi: Tame Impala, la définition même d’une pop-rock pétillante, psychédélique et funky

NépalAdios Bahamas

Connu pour son extrême discrétion (le rappeur ne montrait jamais son visage), Népal évoluait depuis une dizaine d’années dans le rap français en tant que rappeur et beatmaker. Portant plusieurs pseudos, KLM ou encore GrandMaster Splinter, il était membre du collectif parisien 75e Session (aux côtés notamment de Sopico ou Di Meh).
Il avait également fondé le groupe 2Fingz avec le rappeur Doums, et était très proche du collectif parisien L’Entourage dont faisait partie son binôme, mais aussi les rappeurs de 1995, Alpha Wann et Nekfeu. Du grand public, il était connu pour un feat avec ce dernier, le titre “Esquimaux”, qui apparaissait sur l’album “Cyborg”, sorti en 2016. Il avait également participé à la composition de deux autres titres, “Humanoïde” sur le même album, et “Oui et non” sur la suite des “Etoiles vagabondes”.

Népal est décédé début novembre 2019 et préparait un premier album, “Adios Bahamas”, dont la sortie était prévue pour le 10 janvier 2020.  “Afin de respecter sa volonté et sa vision artistique, nous sortirons aux dates prévues par lui ses clips, morceaux inédits et son 1er album” avait déclaré sa famille sur les réseaux.

Népal avait peaufiné “Adios Bahamas” pendant presque 2 ans. On y retrouve en feat ceux qui ont toujours compté pour lui, sa deuxième famille. Dans l’album, Népal emprunte de nouvelles pistes musicales, tout en gardant la base de mélancolie et d’introspection qui caractérisait son style. À travers ces 12 morceaux, il se dévoile un peu plus, sans pour autant faire totalement tomber son masque, qu’il gardera à jamais.

A lire aussi: Népal, rappeur aussi mystérieux que talentueux

A lire aussi: Nekfeu, le retour de Ken Masters

Please follow and like us:

Laisser un commentaire