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“QALF Infinity” : on décortique le nouveau projet de Damso

Après l’avoir teasé plusieurs fois ces derniers temps, Damso dévoile enfin “QALF Infinity”, la suite de “QALF” sorti en 2020. Pensé comme un double album, on y retrouve la fin de l’alphabet grec entamé en 2017 dans l’album “Ipséité”.

Dans cette réédition, l’artiste se révèle plus sombre, plus entier.

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Le précédent disque de Damso,”QALF”, sorti en septembre 2020, se terminait par une étrange “Intro”, laissant présager une suite à ce quatrième album, aujourd’hui vendu à plus de 150 000 exemplaires. Depuis mercredi 28 avril à 23 heures, c’est le cas. Damso a diffusé sur sa chaîne YouTube onze nouveaux morceaux qui viennent compléter la première version de ce “QALF”, rebaptisé “QALF Infinity”. Il était disponible le lendemain sur toutes les plates-formes de streaming. En septembre, le rappeur belge, connu pour ses textes sombres et gores, s’était révélé plus tendre, n’hésitant pas à énumérer ses différentes amours : pour son fils dans “Deux Toiles de mer”, pour sa mère sur “Rose Marthe’s Love”, ou pour une mystérieuse dulcinée avec “911”, ce qui avait beaucoup dérouté ses fans de la première heure, notamment de “Batterie faible” (2016) ou de “Lithopédion” (2018).

Avec ses nouveaux morceaux, ils vont être gâtés. Notamment avec le titre introductif “O. OG”, dans lequel il prévient de sa voix grave : “Le game, je vais lui niquer sa mère, mes ennemis avec.” Menace purement verbale à l’adresse de ses rivaux dans le monde merveilleux du rap, où on aime à se faire peur, à se montrer plein de noirceur et de violence. Terriblement efficaces d’un point de vue rythmique, produits par Prinzly, “Chialer” et “Vantablack” sont des egotrips sexistes : “L’égalité entre homme et meuf, c’est le 69”, déclame-t-il. Puis il envoie une pique aux rappeurs qui ne s’exposent pas beaucoup en dehors de leur zone de confort, le quartier : “Ça rappe beaucoup mais ça ne sort pas du tieq.”

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Lui n’hésite pas à se frotter à d’autres univers, musicaux notamment, invitant une harpe sur “Dose”, un saxophone sur la fin du titre “Morose”, le nouveau single officiel. Un titre sur lequel des instruments traditionnels comme le saxophone et le piano viennent sublimer l’incroyable plume du rappeur.
Malgré un fictif “Youvoi”, il ne cherche d’ailleurs pas à se faire passer pour ce qu’il n’est pas, un voyou : “Premier braquo mais j’regrette, j’vole aux honnêtes gens”, avoue-t-il dans “Passion”, où il tente de raconter son début de carrière rappelant l’aide de Booba, avant “les clashs et les diss”, la polémique autour de l’hymne officiel de l’équipe nationale belge les Diables rouges lors du Mondial 2018, qu’il devait composer, avant d’être écarté, puis évoque son nouveau statut de star. Il alterne les débits rapides puis lents, se montre plus rugueux, écorché, avant de diffuser un message vocal tendre de son fils. Damso dans tout son talent, ses contradictions et sa complexité.

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