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J. Bernardt, le mélange éclectique de RnB minimaliste, d’électro et de soul

J. Bernardt, chanteur-compositeur et multi-instrumentaliste dont la carrière a, jusqu’à présent, été largement centrée sur le groupe belge que l’on ne présente plus, Balthazar.
En 2016, il se lance dans une aventure musicale radicalement autre, loin de sa guitare caractéristique et de son chant à l’avenant. Jinte Deprez, de son vrai nom, sert un RnB contemporain, minimaliste, aux modestes influences électro et soul. Il décrit lui-même son projet comme “une mixture allant des Doors à Edith Piaf en passant par Daft Punk, même si Chet Faker et James Blake ne sont jamais très loin.

En 2017, il sort “Running Days” son premier album solo d’une élégance radieuse. Avec une rythmique singulière, mêlant pop fébrile et éclats électro sombres, le chanteur courtraisien révèle une électronica subtile et sensuelle.
Sous des accords ténébreux distillant un groove impétueux marqué par une voix grave, il mélange les sentiments en des assauts musclés aux assonances sensuelles.
Avec une force douce et des teintes soul, lui glisse des arpèges synthétiques ravageurs brodés d’échos incandescents RnB qui happent les coeurs avec une délicatesse brûlante et une finesse exquise, sous des revers de percussions somptueuses.

La facette la plus surprenante de l’album est sa production, quelque chose qui dissimule un côté esthétique derrière l’enregistrement. “Je voulais vraiment que cela soit un album fait maison” explique Deprez, qui a enregistré la majeure partie du LP dans sa maison de Gant. L’idée découlait autant de la pratique que de la volonté de s’éloigner de la vie habituelle qu’est celle d’un groupe. “Alors que la carrière de Balthazar s’envolait, les tournées se sont allongées, les équipes et l’implication du label se sont développées. J’ai vraiment ressenti le besoin de m’éloigner un peu de tout ça, de trouver quelque chose de nouveau et plus simple, direct”.
Mais se détacher complètement l’expérience personnelle était un concept complètement étranger à Deprez, particulièrement en s’échappant d’un groupe aussi reconnu, “Quand tu écris un album avec un groupe, c’est difficile de parler de sujets personnels car tu ne l’exprimes pas seul, tu l’exprimes à travers 4 autres personnes”.

Pour un album qui est tant imprégné des thèmes de l’amour et de la perte, “Running Days” reste incroyablement chaleureux, évitant les clichés et mêlant parfaitement son amour des puissantes mélodies, des paroles sincères et des belles voix. Il marque le début d’une nouvelle et magnifique ère dans le travail de J. Bernardt. Celui des rythmes envoûtants et des révélations personnelles.
Il laisse l’auditeur sur une interrogation: la question n’est pas de savoir ce qu’il fuit, mais plutôt quel est l’étincelant chapitre vers lequel il se dirige.

Sur “Calm Down”, premier single de calibre international et qui baigne dans un délicieux groove synthé sur fond de batterie électronique implacable, Jinte se mue en véritable crooner charismatique. Il est accompagné sur scène d’Adriaan Van de Velde – cerveau de Pomrad – et Klaas De Somer (qui moleste les fûts chez Tourist LeMC et Pomrad).

J. Bernardt’s bash:

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